"Don't think twice, it's all right"

Je me souviens, le monde était grand. Bercée par cette illusion, je l'ai contemplée s'embrumer sans rien faire. Mes doigts ont vaguement amorcé un mouvement inutile. Rien de plus. Et puis, absorbée par de nouveaux horizons moins grands, je me suis laissée glisser dans cette obscurité réductive. Et si ce n'était pas une vie ? Si je n'en avais pas envie ? Mais le monde vaste où est-il passé ? Dans ce petit bout de papier en papier de bible ? Oui, il m'a ouvert les yeux, déchiré le brouillard et montrer le chemin vers la grande route. J'ai eu la vive envie de retrouver ce désire, et il m'attendait là, sous l'oreiller. La tête posée dessus mes rêves me sont revenus, avec leur musique mystérieuse et leur pays merveilleux où les hommes parlent aux animaux, où un rire redonne vie et où il suffit de mettre ses chaussures pour aller vers là où le vent sème les graines du bonheur. Et lorsque les dernières bribes de sommeil quittaient mon corps et mon âme rassasiés, mes yeux serins se sont posés sur l'horizon nouveau baigné d'une belle couleur d'aurore. Il m'appelait, doucement, d'une voix de miel, il me murmurait "tu es de retour, je t'attendais, je serais toujours là, même quand tu n'y croiras plus". Oui, toujours, comme une certitude, une promesse murmurer au creux du cou, d'éternité, de liberté, d'immensité inviolable.
Ce soir, en sentant sous mes doigts agités se refermer la valise, j'accepte, pendant un temps, de me mettre en parenthèse, en suspend entre deux réalité, deux aspirations non contraires, mais complémentaires. L'une d'abord, pour mieux atteindre l'autre et vivre en harmonie avec moi-même. Je sais que le sommeil bientôt chassera toute empreinte de magie, le temps dans les bras chaud sera tellement précieux qu'il ne servira qu'à revigorer pour quelques heures volées mon corps disloquent. Plus le temps pour le rêve, pour la délibération de l'esprit, la divagation de l'imagination. Ils m'attendent ici, sous l'oreiller, prêt à m'accueillir de nouveau sur leur herbe tendre et duveteuse, les harpes jouent déjà, et l'horizon m'attend dans son halo de rosée. Ce n'est que pour un an, deux maximum. Après, la liberté, le souffle d'air nouveau, l'aventure à porter de cheveux, et d'orteils. La route est là, je suis sur la bas-côté, le nez dans les graviers et attendant que le train soit définitivement parti.


Je vous aime, plus que tout, plus que moi car sans vous je ne saurais être moi.
"Don't think twice, it's all right"
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# Posté le mardi 03 novembre 2009 17:04

Si t'es venu pour les étoiles elles sont tombées dans la boue

Envie, profonde et irrésistible de partir. Je pensais avoir la force, mais il y a des forces autour de moi qui me tirent vers le bas. Son sourire, ses yeux qui me rappellent de si mauvais souvenirs blessent mon coeur que je pensais guéri. L'envie de ne plus chercher plus loin, et juste regarder la route sous mes pieds. Le temps passe plus vite quand l'oppression nous inhibe. J'ai pas appris à vivre sans dormir, sans calme, sans décompression.

Juste des mots. Crier en silence comme il dit. Oui, crier en silence. Et aller seule pour un acte coupable de mon subconscient. J'aimerai lui dire "pardonne moi". Lui murmurer "aime moi".
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# Posté le mardi 29 septembre 2009 16:03

"A dix-huit ans, j'ai quitté ma province, bien décidé à empoigner la vie. Le coeur léger et le bagage mince, j'était certain de conquérir Paris"

"A dix-huit ans, j'ai quitté ma province, bien décidé à empoigner la vie. Le coeur léger et le bagage mince, j'était certain de conquérir Paris"
Je réalise tout juste. A peine, à demi-mot. Comment cela peut-il déjà nous arriver ? A nous ? Nous qui avons à peine passé l'âge de l'enfance. Ça à l'air bien, c'est bien, là-bas. Mais mon égoïsme aimerait vous garder entre mes bras, dans mon espace vital, à quelques pas de moi, de nos rires, de nos vies. Un an déjà, un an complet que nous buvions du thé ensemble dans une maison loin de tout. Peut-être que ma nostalgie enjolive aujourd'hui mes souvenirs. Mais qui peut me blâmer d'effacer les contrariétés ? Je ne garde de vous que la douceur de vos présences.

Dans la nuit profonde, j'entends les cris des étoiles. Longtemps, la solitude me hante, un gouffre noir qui m'aspire et me laisse comme vide. C'est pour un rien, une pensée, un geste, ou plutôt non, une absence de pensée, une absence de geste. Un rien qui fait tout, qui laisse aussi froid qu'une coquille brisée. Aussi éphémère que le songe d'une nuit d'été, les relations qui se nouent, fragiles de cette obligation, ne servent pas à sécher les larmes et réconforter. Aucune présence dans la solitude de la nuit profonde déchirée par les cris des étoiles. « Pour qui brillent-elles si on ne peut pas le voir ? » m'a-t-il demandé. Oui, pourquoi ? Pour qui ? Pour qui dois-je me battre si personne ne voit les efforts que je fournis et la force qui vient du plus profond de mon âme, pour réussir. Mais réussir quoi ? Si c'est pour disparaitre dans la masse comme tous ces autres. Partir loin, loin de cette civilisation, de leurs regards hypocrites, ces instables connaissances. Là où jamais les nuages de pollution embrument le ciel d'une couleur orange cachant à mes yeux humides le seul réconfort où je pourrais puiser une force.

Je n'ai plus envie de dormir, je voudrai pouvoir utiliser chaque secondes de mon temps pour penser à vous, m'ennuyer, rêver de vous, accrocher nos souvenirs heureux au mur, vous raconter la vie ici, ou plutôt là-bas, sans vous. Parfois, je capte un parfum, et mon imagination dessine votre image dans le reflet d'une vitre. Parfois, un mot me fait sourire et me rappelle votre absence. Je ne peux échanger de regard complice, où les mots même n'ont plus utilité. Cet état de grâce dont il parlait.

La nuit sombre cache ma tristesse derrière une absence de sommeil. Le matin la renaissance du jour chasse ses pensées pathétiques, si bien que tout parait pour le mieux. Mais ce simple mot "paraitre" rend le tout insupportable et déchirant. J'aimerai parfois leur crier la solitude qui me hante, les doutes qui me serrent le c½ur et hachent ma respiration. Juste être là, comme un coquelicot dans un champ de roses. Fragile, perdu. "Il faut perdre le monde - autrement dit se perdre - pour se découvrir". Proust

J'ai une envie de boule à la noix de coco, des Frères Burton, de barbecue...
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# Posté le mercredi 26 août 2009 14:37

Modifié le vendredi 18 septembre 2009 17:15

"Quel est le mot le plus prononcé au monde ?"

"Quel est le mot le plus prononcé au monde ?"


Une nouvelle ère commence.


Je me sens grandir, cela me fait un peu peur mais pas tant que ça. Le changements que j'ai toujours attendu arrive plus vite que jamais, et avec une certaine appréhension, je doute et ne suis plus sûre de le désirer sur ardemment. Le travail commence, la vie s'emballe, les rencontres se font de plus en plus intéressées et les papiers plus officiels. Je me sens grandir et gravir une marche de plus. Espérons que je ne me casse pas la cheville.

Avec vous. Pour vous.


"Je"

J'ai besoin d'écrire, un besoin qui me déchire et me rend folle. Un besoin qui explose et me brûle le ur. Mes doigts tremblent et je n'arrive à rien. Les papiers se froissent et s'empilent pour un mépris et une douleur qui augmentent comme la tour de Pise qui se reconstruit derrre moi. Mais où ? Mais quoi ? Pour quoi ? Pour qui ? Et pour raconter quoi qui n'ait été déjà dit ? Avec quels mots rendus grossiers par l'encre bleu qui les ont rendus plats et vides de sens sur une page trop petite pour leur vie monstrueuse ? Je n'y arrive pas, et les mots dans ma tête cherchent un moyen de sortir, un moyen de prendre leur envol et d'exploser.
Pas le temps. Pas le temps. Pas le temps.

# Posté le mardi 30 juin 2009 15:19

Modifié le mardi 04 août 2009 14:34

"On a trop déconné hier soir au café, on a refait le monde histoire de pas changer".

"On a trop déconné hier soir au café, on a refait le monde histoire de pas changer".
Événementiel
mai - juin 2009

Lundi 25 mai 2009
. 20h30 au lycée G.
Une troupe de jeunes gens vont offrir à un éventuel public, leur création. Celle-ci, résultat de longues heures de travail jusqu'à l'épuisement, déterminera leur avenir.
Un texte magnifique, des comédiens magnifiques, un public magnifique ?
Ce soir là, sous La lune des pauvres, vous êtes attendus, pour seulement deux euros.


Derrière le rideau, mes oreilles anxieuses captaient les signes du flot incessant formé par vos corps curieux. Vous ne formiez qu'un tout, une masse informe et bruyante qui accélérait les battements de mon c½ur. De joie, d'excitation, mais aussi d'anxiété et de peur. C'était pour vous que, ce soir là, je me glissais dans la peau cadavérique d'une jeune femme, égérie de l'espérance. Aux côtés de mes amis matelots, nous embarquions pour une même croisière, prêts à affronter la tempête. Et magnifique elle le fût. Ensemble, jouant des bras et des jambes, hurlant dans le vent des mots de d'espoir, nous avons mener à bon port notre navire de sable, sous La Lune des pauvres. Et, des larmes au goût de mer perlaient sur nos joues heureuses d'avoir vaincue la mer déchainée et remporter l'exploit insurmontable de passer de l'autre côté sans dégâts irréparables. Et, de retour sur la terre ferme, rien ne fait plus plaisir au marin de voir la mer se dissoudre en de visages familiers ou non, venus là pour vous remettre honneur et couronnes de lauriers. Des embrassades qui réchauffent les c½urs et donne envie de repartir. Pour toutes ces émotions que l'on ressent lorsque, sous la lumière jaune, ronde comme la lune, son âme entière explose.


Mercredi 27 mai 2009
. 20h30 au lycée G.
Une troupe d'une vingtaine de jeunes passionnés vont faire honneur à Lagarce mort prématurément. C'est Juste ma fin du monde que l'on pourra voir prendre forme sur un plateau nostalgique.
Laisserez-vous ballotter entre futur, présent et passé ? Le temps est confus quand on échoue.
Que vous veniez ou non, pour deux euros, la vie continuera, pour un mois encore.


Et le temps s'arrêta. Comme on retient son souffle alors que l'on aperçoit des ombres se glisser avec fracas de tous côtés. Donner le meilleur de nous-même est un euphémisme. Plus loin qu'un groupe nous avions fusionnés pour ne former qu'un corps immense, vivant et passionné. Et de cette union nous pûmes remettre les machines en routes, les pendules à l'heure. Travailler le temps avec ses mains, le pétrir, le caresser, le casser et l'embrouiller. Rien n'est plus plaisant que de jouer avec lui, reculer toujours la chute, l'instant final, contourner l'échéance et vous perdre sournoisement pour mieux vous retrouver, au bout du tunnel, essoufflés.
Inutile de s'étaler. Une perfection de sentiment, un bonheur extatique, une félicité unique. Comme flotter d'alégresse.
Merci pour vos présences ombrageuses et tellement importantes à mes yeux.


Samedi 6 juin 2009
.18h00 salle Oésia
Un magnifique ballet vous attends, la nuit tous les chats sont gris. Et pourtant, c'est un cabaret de couleur qui prendra vie entre chien et loup. Loup...Ou pire, qui sait ce qui rode dans les ruelles sombres et désertes.

Amour, passion et brûlure. Un dernier passage sur scène, des mouvements harmonieux enchainés dans une fluidité parfaite et envoûtante. Sentir son c½ur se gonfler d'amour et de joie, de reconnaissance et de tristesse. Vibrer au rythme d'une passion sans fin, qui demeurera toujours logé dans les muscles et les mouvements aériens. Sentir la musique battre dans son corps, son c½ur et son âme même. Succomber à cette passion et s'effondrer en larme dans les coulisses, derrière le maquillage. Se décomposer au fur et à mesure jusqu'à n'être plus qu'un tas de cendre brillant. Le c½ur chaud et le corps transpirant avoir le sentiment d'avoir accomplit et fermé un bout de sa vie. Douloureux sentiment et sensation enivrante de félicité face aux sourires et aux larmes d'émerveillement et de bonheur des autres. Tous ensembles pour quelques minutes de bonheur. Une brûlure qui laisse à jamais une trace dans mon âme et mon corps et fait bouillir mon c½ur de douceur et d'amour, pour une passion. Merci pour ces années, ces instants magiques. Et votre soutient.
Et c'est surtout, un hommage avant l'heure, comme une funeste prémonition, à un homme et un artiste aussi.


Un événementiel merveilleux et inoubliable, comme toujours, mais plus que jamais, par son goût amer et salé de fin baignée de larmes.




# Posté le jeudi 21 mai 2009 06:33

Modifié le mardi 30 juin 2009 15:09